Rencontre à la synagogue d'Aix, par Magali

Publié le par cdd-coexister-marseille-provence

Après avoir rencontré le pasteur Jean-Raymond Stauffacher, et après avoir bronzé dans les Calanques accompagnés de deux Israëliens, un juif et un arabe, notre petit groupe en devenir s’est rendu à la synagogue d’Aix-en-Provence le mercredi 22 juin 2011. Je suis chrétienne et je n’étais jamais entrée dans une synagogue. Je me faisais une vague idée de ce que pouvait être un rabbin, ayant en tête l’image de Rabbi Jacob et de la danse traditionnelle hassidique  librement interprétée par Louis de Funès. En réalité, le rabbin Nissim Sultan que nous avons rencontré ne portait pas la barbe et était coiffé d’une simple kippa (symbole de la crainte de Dieu-  je fus frappée de cette marque d’humilité).

La synagogue que nous avons visitée est très moderne, elle n’a que douze ans. Les murs sont très sobres, seuls des extraits de la Torah et des dessins représentant les douze tribus d’Israël y sont accrochés. Un balcon est réservé aux femmes (« Conception très misogyne qui tranche avec la modernité du lieu », nous a confié le rabbin).

L’exposé fut rapide (une heure et quinze minutes) mais très dense, de l’histoire des Juifs de Provence aux principales fêtes qui marquent les étapes de la vie. De nombreuses questions ont fusé, principalement de la part des chrétiens et des musulmans, motivés par leur soif de connaissances. Certaines questions étaient très simples (« Pourquoi les hommes portent-ils une kippa ? ») et d’autres réservées aux initiés (« Comment est né le mouvement  loubavitch ? »). Le rabbin nous a également parlé de la vie quotidienne d’un juif pratiquant, qui m’a paru très contraignante, presque risible (« Quelle idée d’interdire d’appuyer sur un interrupteur du vendredi soir au samedi soir ? » me dis-je).

Et pourtant, en y regardant de plus près, ces pratiques n’inspirent-elles pas l’admiration ? A une époque où l’on accuse les sociétés de perdre leurs repères, un peuple qui a su continuer à exister malgré les nombreuses épreuves traversées et un génocide, reste attaché à ses traditions plusieurs fois millénaires. A l’heure où des familles éclatent, ce peuple continue à faire de la cellule familiale la base des apprentissages. A un moment où on promeut le « travailler plus pour gagner plus », où on encourage la hausse de la production à tout prix, où on étend le travail le dimanche, ce peuple a su rester attaché à son jour de repos, ce jour où l’on se retrouve en famille et où l’on fait des enfants.

La visite se termina par une photo de groupe prise devant l’entrée de la synagogue. Le souvenir que je garde de ce moment passé en commun est la rencontre avec une culture d’une extrême richesse, soucieuse de sa pérennité, et avec un chef religieux doté d’une grande ouverture d’esprit et d’une grande gentillesse. Le dialogue interreligieux a de beaux jours devant lui….

 

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